Chroniques Homérides Tome 1 : Le Souffle de Midas de Alison Germain



Auteure: Alison Germain
Édition: Le chat noir
L'histoire: Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux. Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction…  
Ma note: 9/10


   
J'avais tellement hâte de découvrir ce roman. Moi qui écumais les livres de mythologies grecques par dizaines de kilos étant enfant, ce fut un véritable plaisir de me plonger dans une adaptation des mythes signée Lili.
Le récit est mis en place par petites touches, avec un prologue très intrigant et des premiers chapitres qui épaississent un mystère que l'on tente de percer à jour durant une bonne partie de la narration. Nous glanons concrètement un début d'informations sur tout ce qui constitue l'univers du roman à la fin de celui-ci. De ce fait, je pense que nous sommes partis pour une saga épique qui saura nous ravir dans les prochains tomes.
Ce premier opus nous expose en premier lieu les personnages, sans trop forcer sur l'action. Nous découvrons les proches de l’héroïne, ses liens familiaux, son quotidien, jusqu'à l'élément déclencheur du récit...

Louise, notre protagoniste principale hérite d'un don. Celui de changer ce qu'elle touche en or. Autant dire que ce n'est pas ce qu'il y a de plus pratique pour entretenir une vie sociale. Passé la surprise, que dis-je, le choc, il faut trouver des réponses, tenter de comprendre et surtout, débusquer le moyen de faire revenir tout cela à la normale.
Oui, mais voilà, vous vous en doutez, rien n'est jamais simple quand on se voit léguer le souffle de Midas. La jeune femme devra composer avec un destin qu'elle n'a pas réclamé, son quotidien se trouvant bouleversé par sa nouvelle condition d'homéride.

J'ai apprécié le fait que nous suivions toutes ces péripéties du point de Louise, sans que tout nous soit servi sur un plateau. Je n'ignore pas que certaines personnes ont conçu une certaine frustration de ne pas en apprendre plus quant aux homérides et aux gardiens, mais cela donne une dimension réaliste non négligeable à l'histoire. Après tout, il est même question d'une jeune fille lambda qui se retrouve plongée dans un monde pratiquement onirique pour elle. Ses réactions sont logiques, peur, instinct de conservation, colère, tout y passe. D'une certaine manière, nous avons là un roman initiatique, loin des genres fantasy auxquels nous sommes habitués. Louise prend son envol, mais sans rebondissement capillotracté.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers de la mythologie grecque, pas de panique, l'auteure a pensé à tout, semant des notes durant la lecture. Le champ lexical est riche et les références à la culture populaire m'ont plus d'une fois donné le sourire.
Je n'oublie pas un des éléments que j'ai le plus apprécié, Angus. Il n'a pas seulement été le facteur de beaucoup de réponses au sujet des homérides, le guide durant le récit, mais également le sujet de beaucoup d'autres questions.
Quand à l'antagoniste, nous en apprenons peu sur lui, mais son imagination sadique me plait assez pour que j'espère le revoir très bientôt dans le prochain tome.
En conclusion, ce premier roman est une réussite de mon point de vue et je gage que nous n'aurons pas un instant de répit concernant la suite.



«
— Vous êtes plus vieux que vous en avez l’air, ai-je raison ?
— Votre perspicacité m’impressionne, Louise, avoua-t-il avec honnêteté, même si je déteste l’idée que vous me trouviez vieux. C’est exact, je suis né le 24 mai 1891.
— Mille-huit-cent quatre-vingt-onze ?! La vache !
Ma réaction le fit rire. Découvrir qu’il avait plus de cent ans me scia les pattes, je ne fus cependant pas surprise d’apprendre qu’il était gémeau. Cela expliquait ses changements brusques de tempérament. Si on croyait à ces choses-là bien sûr. »


« Certains jours, j'avais carrément l'impression d'évoluer en pleine série télé des nineties. Charmed ou Buffy contre les vampires par exemple. Pour un peu, je m'attendais à voir Phoebe Halliwell venir se procurer quelques cristaux protecteurs dans mon échoppe, ou bien Alex et Willow se préparer en vue d'une attaque de démons dans le cimetière le plus proche. »

«
Non, mais tu peux pas faire attention! hurla Marshall, en plus d'être complètement timbrée, t'as de la merde dans les doigts! C'est pas possible d'être aussi... Non, mais t'as vu la tache que t'as faite?
[...]
J'ai pas fait exprès idiot, c'est pas en criant aussi fort que t'es con que ça va changer quelque chose! »

«
[...] Qui aurait cru qu'une crevette comme vous en avait autant dans le ventre?
Je haussai un sourcil.
Vous essayer de me faire rire?
il sourit.
Est-ce que ça marche?  »

«
Je transforme tout ce que je touche, Nimue ! D'abord le livre, les papiers qui traînaient dans mon sac, mes clefs et mes Doc Martens !
Mon amie hocha la tête en pinçant les lèvres.
Au moins elles sont collector maintenant, je suis sûre que tu peux en tirer un bon prix sur eBay... »



Intérêts: L'évolution de l'héroïne principale. Son duo avec Angus L'univers mythologique adroitement mêlé à notre monde. L'humour.
Regret: Pas assez de temps avec le méchant. Le roman met un certain temps à démarrer.

#PayeTonAuteur

En ce moment, le #PayeTonAuteur tourne beaucoup, beaucoup BEAUCOUP sur Twitter.
Il évoque le fait que les auteur-e-s ne sont pas rémunéré-e-s lors de leurs interventions en salon. Animer un atelier ou une table ronde relève donc du bénévolat pur et simple, avec l'idée sous-jacente selon laquelle l'auteur-e devrait s'estimer heureu-x-se de pouvoir participer à un tel événement ; s'estimer heureu-x-se de pouvoir venir faire sa « promo ».

Pour moi, une telle attitude de la part d'un salon du livre est une honte. C'est se faire de la main d’œuvre gratuite. C'est de l'exploitation. N'ayons pas peur des mots, l'heure n'est plus aux subtilités de langage.

Ici nous parlons particulièrement du salon du livre de Paris, dont l'entrée est, rappelons-le, payante. Ce même salon a décidé de ne pas rémunéré tous ces auteurs...
En parcourant les nombreux tweets qui mentionnent #PayeTonAuteur, j'avoue avoir été à moitié étonné de la triste réalité. Je vous laisse en découvrir quelques uns:








J'ai été à peine surprise pour la simple raison qu'avant d'être autrice auto-éditée, j'étais, je suis toujours, graphiste illustratrice et photographe.
Je ne vous compte pas le nombre de fois où j'ai entendu des sentences telles que :

« Mais ça te fera de la pub ».
« C'est ta passion, donc c'est pas un vrai métier »
« Bah être payé pour ce que tu aimes faire, c'est un bonus non ? »
« Tu pourrais me faire un petit truc pour voir si ce que tu fais me plait ».

De façon cynique, j'use désormais d'une phrase que j’abhorre quelque peu : le temps c'est de l'argent. Une réalité.
Car oui, nous auteur-e-s de tous horizons (Illustration, littérature, sound design, traduction, relecture, etc..), il est une chose qui nous est commune : nous sommes des êtres humains. Des humains avec des besoins élémentaires, comme manger, se loger, se vêtir, investir pour l'avenir et parfois même – soyons fous – prendre des vacances.
L'auteur-e n'est pas un animal féérique, telle une licorne, bon à pondre des récits épiques, se nourrissant uniquement d'amour et d'eau fraîche. C'est comme si les artistes qui passent au Hellfest (célèbre festival de musique métal annuel) n'étaient pas rémunérés pour venir jouer sur scène et devaient "s'estimer heureux" d'avoir de la visibilité.
C'est quoi ce monde absurde qui joue sur le chantage de la "visibilité"? Parce qu'il existe pourtant une mathématique simple et inaliénable:

Prestation = Travail = Salaire

Quand on sait que le pourcentage moyen que touche un auteur par œuvre se trouve entre 7% et 12% (large fourchette)... entendez que la vie de milliardaire n'est pas pour demain.

Sur quelle planète vivons nous ? Celui où un des plus gros événement littéraire français décide de ne pas rémunérer ses auteur-e-s, et ce dans la plus grande décontraction ?
Croyez-moi, ça ne se fera pas dans le silence. Ils vont entendre parler du pays ! 
Que vous soyez auteur-e, lecteur-trice, booktubeur-euse ou que vous souhaitiez soutenir le mouvement, n'hésitez pas à aller faire un tour sur twitter.
Et surtout, Usez et à abusez du Hashtag #PayeTonAuteur.




Bleu&Rouge, Tome 2: Johann de K.Héva



Auteure: K.Héva
Édition: TheBookEdition
L'histoire: Les épreuves et l’éloignement n’y ont rien fait. Johann et Thomas sont de nouveaux ensembles et réapprennent à se connaître. Johann a décidé de consacrer sa vie à rendre le monde plus juste et moins cruel.
Quant à Thomas, c’est la réincarnation de Tlaloc et il a fort à faire pour concilier sa vie sentimentale et sa nature démoniaque. D’autres immortels ont traversé les millénaires et Tlaloc ne s’est pas fait que des alliés parmi eux.
Ma note: 9/10


   Après avoir replongé dans l'univers de Bleu&Rouge en relisant le tome 1 dans sa dernière version, j'ai pu dignement enchainer sur ce second opus. Pour tout avouer, j'ai dû dévorer les deux tomes en trois jours tellement cette saga est un véritable page turner.
J'ai donc retrouvé Johann et Thomas avec plaisir et j'avais particulièrement hâte de connaitre leur évolution dans ce roman. Surtout celle de Johann. Le roman porte son nom après tout et on se concentre davantage sur lui.
   Nous entrons dans la partie la plus sombre de l'histoire, la dimension surnaturelle est présente à tous les niveaux et ce qui nous raccroche encore à l'humanité dans sa prime essence, c'est bien ce cher Johann. Johann et ses ambitions, ses désirs et ses rêves d'humain. J'ai souvent eu envie de le secouer dans le premier tome. Quand il piquait ses crises comme un enfant gâté. Je n'ai donc pas boudé mon plaisir de le voir enfin gouter à la maturité, même si cela se fait au prix de certains déboires.
   Ne dis-t-on pas que l'on apprend dans la douleur ?
   Et ce que suggère ce roman, c'est que les obstacles et la fatalité ne comptent pas en rester là avec nos deux héros. Les personnages évoluent et s’entrechoquent. Si nous allons plus loin dans l'aspect fantastique du récit, l'enfer est plus proche à chaque page, la réalité plus dure, ce qui ne dénature pas pour autant la pureté des émotions qui sont retranscrites par l'auteure.
   Si elle met autant de talent à nous les transmettre, on notera aussi son amour indéniable pour les sciences et sa manière de composer son univers littéraire en conjuguant les deux.
J'ai beaucoup apprécié le principe de ces personnages mystiques expliqués de façon scientifique. L'ether, la matière noire, les atomes et les électrons. Le spirituel devient science et donne pour une fois un aspect original à cette thématique.
   Pour en revenir à Johann, le tome porte bien son nom, car c'est de l'évolution de Johann dont il est davantage question. J'ai adoré le voir changer, réaliser, trébucher et se relever.  Thomas reste très présent, le brouillard se dissipe sur son passé, son autre vie et c'est au travers d'une pléthore de nouveaux personnages que nous découvrons qui est Tlaloc.
   Le doute n'est plus permis, cette saga vaut largement le détour. À quand le clou du spectacle avec Némésis ?



«
Il reste placide et me fixe à nouveau avec mes yeux. Il me dévisage un moment puis il se décide à répliquer.
— J'aime Johann. J'imagine que c'est un concept qui t'échappe. Alors qu'est ce que ça pouvait te faire qu'on soit ensemble ? Si tu ne t'étais pas acharnée sur nous de cette manière, il serait effectivement sur ce plateau en train de brasser des millions pour ta plus grande fierté.
— Tu m'en as fait une fiotte ! Tu l'as contaminé avec ton sentimentalisme dégoulinant de fleurs bleues !
Il se lève et me surplombe, le temps d'une seconde j'ai cru qu'il allait faire voler mon bureau à travers la pièce. Sa voix tonne entre mes cloisons.
— Qu'est ce que ça pouvait te faire ? Ça ne te regardait en rien !
Je me retiens de croiser les bras sur ma poitrine pour ne pas lui montrer que je me suis sentie agressée et demeure les mains bien vissées sur les accoudoirs de mon fauteuil.
— Je croirais entendre ton père. L'amour est plus fort que tout, hein ? La jeunesse vous rend trop fougueux, mais un matin il se réveillera à tes côtés et il te haïra d'avoir eu la faiblesse de te laisser détruire sa vie. Si tu l'aimais tant que ça, tu l'aurais laissé tranquille, mais tu es égoïste et destructeur. Tu ne le rendras jamais heureux, profites en tant qu'il est assez naïf pour avaler tes conneries mièvres. Un jour, il te haïra.
Mes ongles s'enfoncent dans le cuir du fauteuil.
— Mais ça n'aura plus aucune importance puisque tu auras fichu sa vie en l'air.

»

«

— C'est une belle âme que tu as là. Qu'est ce que tu fabriques avec lui ?
— Qu'est ce que ça peut te foutre ?
Le voici qui dispense sa compassion à mon bien aimé. Il lui caresse le visage comme si c'était un agneau. Il se prend pour le messie. il faut que je détourne son attention de Johann.
— Qu'est ce que tu me veux ?
— Tu me poses sérieusement cette question ?
— Je ne reviendrais pas si c'est à ça que tu penses.
Il lève un sourire tout en affichant son sourire d'abruti supérieur.
— Je me doutais que tu dirais ça, mais je ne vais pas te permettre de te la couler douce à mes dépends. Nettoyer la merde de l'humanité, c'est ton job, pas le mien.
Ça doit bien lui taper sur les nerfs, Monsieur Perfection abandonne son langage châtié.
— Et bien au moins tu peux te rendre compte au plus juste de ce que valent tes petits protégés.
Il resserre ses mains autour du buste de Johann, j'aurai mieux fait de me taire.
— Je suis le premier des séraphins, je n'ai pas à m'abaisser à ce genre de besogne. C'est toi qui a fait vœu de nourrir l'enfer, pas moi.
»

«
Oh putain... il se recroqueville et se met à sangloter !  Tlaloc chiale putain de bordel de merde, c'est l'apocalypse ou quoi ? Il fait sa crise des dix mille ans c'est ça ?
 »


Intérêts: L'évolution des personnages. L'univers fantastique approfondi. La plume de l'auteure.
Regret: Certaines attentes de Thomas par rapport à Johann. Je n'ai pas le tome 3 en mains, c'est un scandale !

Corsaire au nom du roi de Delman



Auteur: Delman
Édition: TheBookEdition
L'histoire: Noëlle-Marie est jeune, belle et fougueuse.
Son désir : devenir pirate comme son père.
Mais voilà : elle est née femme à une époque où seuls les hommes ont le pouvoir.

La Guerre de Sept Ans que mène le royaume de France contre les Anglais va lui permettre de réaliser son rêve.

Mais jusqu’où est-elle prête à aller ?
Saura-t-elle préserver son cœur et son âme dans ce monde violent où la faiblesse se paie au prix fort ?
Ma note: 7/10






Me voici de retour après une longue absence pour vous faire part de mon avis sur un service presse que j'ai eu. Pas tout récent. Je prends du retard sur tout, c'est une catastrophe.
Écriture, Illustration, critique, trois chevaux de bataille qu'il est complexe de conjuguer. Bref.

Laissez moi vous introduire, « Corsaire au nom du roi » de Delman. Mon avis sur ce roman est plutôt mitigé, car je le trouve très inégal.
Tout d'abord les points positifs. Le contexte historique : la guerre de sept ans. Si vous êtes fervent-e adepte de l'époque de Louis XV et de tout ce qui à trait à la piraterie, alors ce roman est fait pour vous. Si vous appréciez les scènes d'abordages et de batailles épiques sur pont de navire, alors vous serez doublement servi.
Mais pour l'heure commençons par le début. Tout commence par la désastreuse mésaventure d'une jeune fille de 15 ans engrossée par un noble fourbe ruiné en quête d'une poule aux œufs d'or. Lorsqu'il trouve meilleur parti, il l'abandonne lâchement et la malheureuse n'a d'autre choix que de rentrer auprès de sa famille le cœur en miettes.
Sur le chemin du retour, son carrosse est attaqué. Elle meurt en couches et son enfant est recueilli par Darnière qui élèvera sa progéniture comme sienne.
La force de ce roman, réside certainement en son personnage principal. Une femme, Noëlle-Marie qui doit se battre trois fois plus pour être appréciée à sa juste valeur dans un monde qui ne fait pas de cadeaux.
Voilà bien une chose qui m'intéressait dans le résumé. Suivre l'évolution d'une femme au sein de la piraterie, même si elle est ici définie en tant que corsaire, au sein d'un univers où les hommes se partagent le pouvoir. J'avoue que j'ai été assez décontenancé de constater que Noëlle-Marie ne rencontre pas plus de difficultés à se faire accepter comme l'égale de ses hommes. C'est la réalité extérieure qui se trouve plus cruelle. Elle y rencontre son lot de mésaventures. Mésaventures qui ne manquerons pas de la marquer comme il se doit.
Concernant les autres personnages, j'ai beaucoup apprécié le second de l'héroïne, Rémi. Le tandem fonctionne assez bien et il n'écrase en rien la volonté du personnage principal, femme indépendante et courageuse.
Le géniteur de l'Héroine à piqué ma curiosité dés le début. de par son caractère vil et dénué d'empathie j'aurais aimé en apprendre davantage sur le géniteur de l'héroïne, comprendre sa psychologie et son passé. Qui sait, j'ai sans doute un penchant pour les lâches calculateurs et vindicatifs.

Ce qui m'amène aux points négatifs, en commençant par le manque de développement de certains personnages. Si l'intrigue principale est somme toute assez prenante, elle n'a pas le développement qu'elle mérite. Les sous-intrigues auraient également mérités davantage de traitement afin de donner plus d'épaisseur à certains protagonistes.
Au final que l'énorme potentiel de ce roman est desservi par une intrigue trop vite réglée et c'est dommage car tous les ingrédients sont là pour nous tenir en haleine.
En conclusion, Corsaire au nom du roi vaut le détour et se lit avec plaisir, mais il mériterait davantage de d'approfondissement dans son histoire et ses personnages.



«
Sur le pont, elle découvrit un homme dans un piteux état : habits déchirés, perruque poisseuse et teint de cire. Il était de petite taille et paraissait peu âgé. Malgré son apparence souffreteuse, il gesticulait en tous sens en s’époumonant.
— Je veux parler à votre chef ! hurlait-il d’une voix aiguë. J’exige de le rencontrer ! Je ne suis pas n’importe qui, espèce de forbans ! Bandes de vauriens !
Autour de lui, les hommes riaient à gorge déployée. Noëlle-Marie ne put s’empêcher de sourire aussi. Le naufragé s’en aperçut et sa colère redoubla.
— Pourquoi vous gaussez-vous de mon malheur, catin ?
Un des marins lui donna une violente bourrade dans le dos. Il était si faible qu’il tomba à genoux sur le sol.
— Adresse-toi avec respect à notre capitaine !
— Quoi ? s’exclama-t-il en roulant des yeux comme s’il venait de voir un fantôme.
»

«
— C’est ton père ? questionna Rémi, inquiet de la façon équivoque dont il la fixait.
— Oui.
— Tu lui as fait une drôle d’impression, dirait-on…
— Que veux-tu dire ?
— À le voir, je dirais qu’il a plus envie de te faire l’amour que la conversation…
— Rémi !
»

«
Le médecin était de plus en plus pessimiste.
Un éclat de boulet avait endommagé la jambe droite du jeune homme. Les chairs gonflaient et l’infection s’installait lentement. Malgré ses soins, Saoud se savait impuissant.
— Comment te sens-tu, Paul ?
— Pas très bien. On dirait qu’un feu intérieur me brûle…
— Paul, il y a un moyen de te sauver…
— Non, je ne veux pas !
— Pour l’amour de Dieu, Paul ! Enfin ! Sois raisonnable ! La blessure de ta jambe est la plus sérieuse. C’est elle qui t’affaiblit ! La gangrène te ronge. Si l’on te la coupe, tu pourras survivre !
— Non !
Il s’agitait. La fièvre le faisait délirer. Il en devenait même violent.
— Paul, une jambe de bois n’a jamais tué personne, intervint le médecin.
Mais il secouait la tête.
— Je ne veux pas ! Je ne veux pas être un objet de pitié ! Et je me moque de ce que vous pensez ! Je suis fermement décidé à mourir comme je suis né : tout entier !
 »


Intérêts: L'intrigue, les personnages de Rémi, Noelle-Marie et le père de cette dernière.
Regret: Le récit va trop vite et on ne s'attarde pas assez pour s'attacher au reste des personnages.

C'est lundi, que lisez-vous ?




Après 5 mois de lectures infructueuses, démarrées mais jamais achevées, je reprends enfin espoir. Une valeur sûre ?




 CE QUE JE LIS ACTUELLEMENT

Outlander, tome 3: Le voyage de Diana Gabaldon





Et vous? Que lisez vous??

Week-end à 1000 #16 - Du 11 au 13 Novembre 2016 by LiliBouquine

   Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas prêté à l'exercice du Week-End à 1000, organisé par LiliBouquine, et j'avoue que cela m'avait manqué.
   Je réitère donc l'expérience pour cette 16ème session. Pour vous rappeler le concept: Le principe est de lire 1000 pages en un week-end, du vendredi 19h, au dimanche jusqu’à minuit. L'idée porte avant tout sur le fait de se faire plaisir et de se consacrer principalement à la lecture, si on atteint les 1000 pages, c'est encore mieux.

Page facebook de l’événement
Hastag Facebook & Twitter #weekendà1000

Cette fois ci, je tente 1030 pages pour ce week-end, avec:


CAPTIVE, les nuits de Shéhérazade de Renée Ahdieh
448 pages
AETERNIA, tome 2: l'envers du monde de Gabriel Katz
448 pages
LES ANGES ONT LA MORT AUX TROUSSES, de Sophie Jomain & Maxime Gillio
134 pages 



The Book of Ivy, tome 1 de Amy Engel


Auteur: Amy Engel
Édition: Lumen
L'histoire: Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera. 
Ma note: 10/10





Quelle bonne surprise!
En principe, je n'ai qu'une seule véritable exigence avec les dystopie: l'originalité! Qu'elle sorte des sentiers battus, que ce ne soit pas un énième re-pompage d'Asimov et co en somme.
The Book of Ivy rempli le contrat, mon contrat. Car avouons le, cet avis sera tout aussi purement subjectif que les précédents.
Donc il rempli le contrat, et de loin. Par l'intensité donnée aux deux principaux protagonistes, car tout tourne légèrement autour d'eux dans un premier temps. Ils sont notre point d'ancrage et ressemblent peu aux "héros" auxquels nous sommes habitués.

J'ai aimé la cohérence du personnage d'Ivy, de par son raisonnement, son cheminement intellectuel et émotionnel. Les réflexions et Bishop, leurs conversations, les liens qui se tissent avec réalisme.
On sent que l'auteur avait à cœur que ces deux personnages apprennent à se connaître et à s'apprécier sans qu'il soit question d'une amourette classique et déjà vue, bien loin des standards téléphonés que l'on voit venir à dix mille ( ce qui ne sous entend pas qu'on ne voit pas venir celle-ci hein ).
Non, là, il n'est pas question d'un coup de foudre et de tout son schéma habituel. Si je n'ai rien contre ce procédé de base, je reproche simplement le fait que les couples formés par ce biais existent par ce seul tenant. Des sentiments réciproques qui popent de nulle par et dénient les personnalités propres de chaque personnage dans un premier temps.

Mais je m'égare. Le contexte de l'histoire est également très intéressant. Comme c'est un premier tome, nous sommes aux prémices de la découverte, et il donne envie d'en apprendre plus sur les tenants et les aboutissants, sur ce fameux "autre coté" de la barrière, etc.
Tél un précepte cartésien séparant le bien du mal. Le blanc du noir. À l'image de la soeur d'Ivy qui semble incapable de configurer la réalité en demi-teintes.

Nous découvrons tout l'univers de cette dystopie du point de vue d'Ivy. Si nous sommes à même de nous faire notre propre opinion sur ce que nous en apprenons, nous sommes rangés au même niveau qu'Ivy, car des tas d'éléments restent encore très flou - premier tome, tout est normal.
La seule figure qui semble bienveillante et sensé dans tout ce petit monde brut, nous apparaît être: Bishop.
Par son coté droit, juste, réfléchi et surtout incroyablement gentil. 
qui a dit que les gentils étaient ennuyeux, que seuls les bad boys avaient de l’intérêt? Que seuls les types enveloppés de mystère et de tourmente valaient la peine ?

Bishop tire la couverture à lui de la plus désarmante des façon: sa simplicité.

Une simplicité qui ne le rend pas lisse, mais sait lui offrir creux et reliefs. Un héros de roman comme on en lit peu et on voudrait en lire plus souvent.
Pour cette première partie, je suis entièrement conquis.



«Peut-être qu'on attend trop de la liberté. La liberté, on l'avait avant la guerre. Et regarde où ça nous a menés. »

«Lorsqu'on est conscient d'être manipulé, mais que sa fonctionne, peut-on appeler ça de la manipulation ? »

« L’amour, c’est brouillon, c’est compliqué, et c’est une erreur de refuser sa magie aléatoire. »

«
Il laisse échapper un soupire, s'avance d'un pas vers moi. L'entrée est si étroite que je me retrouve immobilisée entre le mur et son corps, la chaleur émanant de lui ondoie par vagues.
Ouais, dit-il d'une voix basse. Je ressens des choses.
Ses yeux verts sont brûlants. C'est l'émotion la plus intense que je ne lui ai jamais connue, et j'ai du mal à respirer pleinement tant mes poumons sont compressés par la tension.
C'est justement ça le problème, Ivy. Je veux que tu les ressentent aussi. »
 

Intérêts: Bishop, le contexte dystopique, le cheminement d'Ivy.
Regret: Peu d'éléments révélés sur le contexte de la dystopie justement.